Hypnose Thérapies Brèves Revue 26 Août Septembre Octobre 2012

revue-hypnose-therapies-breves-26Hypnose & Thérapies Brèves: la Revue
n°26 Août Septembre Octobre 2012

 

 

Edito : “Hommage végétal“ Dr Thierry Servillat

 

Hypnose : Rassurez-vous, Patrick Bellet est bien vivant ! Comme le constatait Jane Birkin dans une de ses chansons déjà un peu anciennes à propos d’un homme qui était « parti acheter des cigarettes » (rassurez-vous encore, Patrick ne fume pas !) : « En fait, il est parti. » Vers d’autres projets (dont l’organisation du futur Congrès mondial d’hypnose en 2015), d’autres responsabilités (il présidera la CFHTB à partir de fin 2013).

Patrick a fondé la rédaction de la revue « HYPNOSE & Thérapies brèves ». Avec ses mains pianotant le clavier de son ordinateur. Avec son regard aigu sur le monde présent. Sa belle Provence. Le monde francophone. Toute la planète.
Planète : un journal qui a enchanté son adolescence, et qui a formé sa pensée, son intellect, sa vive intelligence. Et qui l’a bien sûr inspiré. Inspiration. Tout ce qui vit t’inspire, Patrick. Les arts quels qu’ils soient, et ceux qui ont le courage de les exercer. Tout ce qui pousse dans les vallons, les vergers, les jardins. Et aussi tes patients, tes étudiants. Et aussi ta formidable épouse Françoise…

 

“La résonance pour s’accorder au patient“ Sylvie Le Pelletier. Comment fonctionne l’hypnose thérapeutique ?

Comment fonctionne l’hypnose thérapeutique ? Il se pourrait que la notion de résonance, issue des travaux systemiciens, puisse nous faire utilement avancer sur cette question et nous aider à bien rester centré sur l’essentiel dans notre pratique.

Les regards que nous poserons ici sur la pratique de l’hypnose incitent à considérer cette approche comme l’essence même de toute pratique thérapeutique. Ces regards s’articulent au croisement du champ des thérapies systémiques et de celui de l’hypnothérapie. Deux questionnements se font face l’un l’autre autour d’un même thème.
Dans le champ systémique, on peut s’interroger sur l’efficacité des interventions du thérapeute alors que ce dernier est lui- même un élément du système : comment être à la fois partie intégrante du dispositif thérapeutique et intervenir efficacement sur celui-ci ? Comment être paradoxalement acteur dans le système et tout à la fois observateur du système ?
Dans cette perspective, dans le champ de l’hypnothérapie, comment l’influence – qui, nous le verrons, est réciproque – peut-elle être non seulement thérapeutique mais encore particulièrement efficace ?
C’est en croisant la notion de résonance, considérée comme un levier thérapeutique puissant porté par le lien patient-thé- rapeute1, avec ce que nous connaissons de la nature de la transe hypnotique2, qu’il est possible de dessiner une dynamique de la transe commune. La mise en évidence de certains substrats anatomiques, les neurones miroirs, illustre en partie cette dynamique.

Lire la Suite sur http://www.hypnose-ericksonienne.org/Les-Resonances-au-coeur-de-la-rencontre-hypnotique_a473.html

 

“L’acte d’anesthésie et la parole de l’hypnose“ Marc Galy. L’hypnose, un supplément d’efficacité et d’humanité…

 

Dans le contexte légal actuel de la pratique anesthésique, l’hypnose vient s’insérer en complémentarité des dispositifs technologiques pour apporter un supplément tant d’efficacité que d’humanité.

A l’heure actuelle, l’acte d’anesthésie est devenu très technique. L’anesthésie est règlementée par des textes qui en définissent les contours et les obligations, ce qui n’est pas le cas pour d’autres spécialités. Le décret du 5 décembre 1994 sur « la pratique de l’anesthésie » a placé l’anesthésiste dans un rôle de clinicien en lui donnant les moyens d’évaluer et d’informer le patient. Néanmoins, au fil des années, des effets paradoxaux sont apparus, que les nécessaires restructurations hospitalières ont amplifiés. Nous nous attarderons sur la modification du rapport soignant-soigné, sur les difficultés du parcours de soin et sur « l’emprise de la technologie » qui engendrent la pré- dominance de l’acte sur la parole. Dans ce cadre, nous nous interrogerons sur la place que peut prendre l’hypnose afin d’améliorer la relation thérapeutique et de retrouver le lien entre acte et parole

 

Lire la Suite sur http://www.hypnose-ericksonienne.org/L-acte-d-anesthesie-et-la-parole-de-l-hypnose_a475.html

 

« Le généraliste, un thérapeute soluble dans le quotidien ? »

Delphine Rive-Vivier. Comment l’hypnose s’intègre naturellement dans le travail du généraliste…

Premiers pas hypnotiques d’une jeune généraliste commençant à incorporer sa toute fraîche formation à sa pratique quotidienne. Si besoin était, il nous est montré combien l’hypnose s’intègre tout naturellement lorsque l’omnipraticien sait garder ses bases et sa simplicité.

INTRODUCTION : UN DOCTEUR, NI GRAND, NI PETIT, JUSTE À LA TAILLE QUI ME CONVIENT

A la fin de ma première année à l’AREPTA, je répondis à mon fils de 6 ans, qui voulait savoir si sa mère était aussi « un grand docteur» comme notre amie Agathe qui venait de décrocher son poste de PH en médecine interne : « Je suis un docteur… ni grand… ni petit, juste à la taille qui me convient… »
Il haussa alors les épaules et soupira, désabusé : « Ouais, je vois, la mienne elle fait de l’hypnose ! »
Il est vrai que ma rencontre avec l’AREPTA entraîne des changements qui dépassent largement mon cadre professionnel et modifient profondément ma vision du monde. Aujourd’hui, ce travail écrit qui vient conclure trois années de formation déformante m’a permis de faire une tâche d’observation de ma pratique. Oui, beaucoup de choses ont changé, et comment, concrètement ?
Je vais le préciser même s’il n’est pas aisé de décrire l’indicible, le futile, l’instantané des modifications et la qualité des relations qui en découlent, les surprenants résultats qui apparaissent quand nous laissons du temps au temps et toutes les
portes ouvertes.

 

“L’hypnose en Allemagne. Orientation et philosophie“ Gisela Dreyer.

 

En prélude au congrès mondial d’octobre prochain, une occasion de découvrir les importantes différences tant pratiques que théoriques existant chez nos collègues Outre-Rhin.

L’ALLEMAGNE HYPNOTIQUE
L’Association Milton Erickson en Allemagne (MEG Germany) prépare le grand événement de Brême, le 19e Congrès mondial d’hypnose. Un grand nombre de participants du monde entier est attendu. Une rencontre aussi entre Français et
Allemands, entre deux mondes qui s’ignorent réciproquement tout en étant liés à l’hypnose éricksonienne. La démarche psychothérapeutique est semblable, et pourtant d’importantes particularités existent sur les deux rives du Rhin.
Qui suis-je, et si je suis, combien ?

1 Nous étions très nombreux (plus de mille collègues à chaque fois) à participer en mars et en novembre 2011 aux deux symposiums sur « Etats du Moi : théorie et méthode », et « Teile Arbeit » (travail avec les différentes parties du Moi : une approche thérapeutique qui s’est largement introduite au sein de la MEG). Gunther Schmidt, figure de proue des Ericksoniens allemands, avait commencé à « ouvrir les portes » en créant il y a déjà vingt ans le concept d’« hypno-systémique » (hypnosystemisch), et a publié en 2004 le livre novateur Liebesaffären zwischen Problem und Lösung (Histoires d’amour entre problème et solution) sur le travail systémique dans des contextes dits difficiles.
La thérapie familiale systémique doit se transformer en permanence, en suivant le propos de Maturana : « La vie est un procédé permanent de découverte du savoir, et ainsi de la base de la vie. »

 

« Traiter le trauma à l’hôpital psychiatrique » Dany Delporte. Une approche structurée combinant hypnose et stimulations sensorielles alternatives.

 

Développer la prise en charge des nombreux patients traumatisés qui peuplent les services hospitaliers de psychiatrie, tel est le propos de Dany Delporte qui nous propose une approche structurée combinant hypnose et stimulations sensorielles alternatives.
Psychiatre exerçant dans un EPSM, je suis confrontée régulièrement à des personnes qui vivent des états dissociatifs trouvant leur origine dans des événements antérieurs.
Dans mon expérience, 70 à 80 % des patients hospitalisés en psychiatrie sont porteurs de dissociations qui sont parfois en cascades (pouvant se situer à différents âges ou/et avec des dissociations étagées, couches par couches, qui rendent la résolution complexe).

Souhaitant partir de cas concrets pour communiquer sur une technique qui permet une résolution intéressante, je débouche sur une discussion dont je n’avais pas à l’origine envisagé la portée.
A vous de juger sur hypnose-ericksonienne.org

 

Hypno-philo :“Les femmes sont des adultes comme les autres“ Dr Thierry Servillat

 

Un titre provocateur pour un contenu plein de sagesse. Pierre-Henri Tavoillot, enseignant en philosophie à la Sorbonne, vient d’écrire un court texte dans lequel il examine les évolutions et difficultés concernant l’identité de nos contemporains. Constatant que l’identité personnelle est actuellement « plus incertaine que jamais », il évoque et pose une question qui lui semble centrale car elle concerne chaque individu, et plus particulièrement encore nous tous qui nous
occupons de soigner et d’aider : « Qu’est- ce qu’un adulte ? »

Quiproquo, malentendu et incommunicabilité : “Ça ne ressemble à rien ! Stefano Colombo

Merci au rédacteur en chef

Bonnes vacances !
Quoi ? Il faut un minimum de x lignes et de y mots ? Mais cela ressemblerait à quelque chose ! Ah ! C’est l’été. Mon rédacteur en chef se prend au sérieux avec l’art.

L’écriture, par exemple, comme dans la pièce de Yasmina Reza, Art. Le fameux tableau blanc ou presque. Non ? Ce n’est pas ça. Pourtant ça ne ressemble à rien.
Ah ! Bien sûr !

Recherche :“Dire « hypnose » ou « relaxation »“ Antoine Bioy

 

Disons-le simplement, l’activité de recherche n’a pas donné lieu, le trimestre dernier, à des papiers qui pourraient faire évoluer fondamentalement la planète hypnose. Quelques articles de synthèse (dont celui de Kuttner sur hypnose et anesthésie chez l’enfant), ou des méta-analyses qui soulignent la difficulté d’évaluer l’hypnose dans le cadre de procédures standardisées (dont celle de Dickson-Spillmann et collègues sur les groupes d’hypnose et de relaxation dans l’arrêt du tabac). A noter par contre la 4e partie d’une histoire de la neurologie de 1800 à 1950, qui expose les apports de personnages communs avec l’hypnose : Charcot et Janet, essentiellement (Poirier et al., 2012).
Nous avons donc choisi de revenir sur un article qui a fait date, celui de Gandhi et Oakley, paru en 2005, et ses implications pour la pratique. Dans cet article, les auteurs explorent le « label hypnose », c’est-à-dire le fait de savoir si dire le terme d’hypnose ou non va moduler les effets que l’on obtient. Déjà, Bernheim avait montré que des suggestions sans hypnose pouvaient avoir des effets sur un sujet, et Barber, soixante ans plus tard, avait montré qu’il suffisait que des personnes pensent qu’elles avaient été hypnotisées pour que les suggestions portent mieux. Lynn et collègues, en 2002, avaient toutefois ajouté qu’il fallait malgré tout qu’il y ait un contexte d’hypnose. La question à laquelle Gandhi et Oakley s’attaquent est maintenant de savoir si ces effets de procédure, le contexte d’hypnose, est fonction de la façon dont l’hypnose est présentée.

 

Coïncidences :“René Magritte, Le Thérapeute “ Sophie Cohen

Je vous invite à aller sur un site d’images observer, savourer les différentes représentations de ce tableau. Magritte en avait même réalisé une statue dont il possédait un exemplaire chez lui !
A la vue de ce tableau, « Que ressentez-vous ? Que voyez-vous ? Qu’entendez-vous ? Quelle heure est-il donc ? Quelle est la saison ? Que nous dit le peintre ? Quelle histoire vous racontez-vous en voyant ce tableau ? »
« La vérité est personnelle », disait René Char.
Comme tout thérapeute éricksonien, je me garderai bien d’interpréter. Ce que vous voyez et ce que vous ressentez est juste puisque c’est votre réalité. Chacun sa « créalité » écrit avec poésie Thierry Melchior.
Si Magritte est le seul à détenir la clé de son oeuvre, je pense que tout artiste se réjouit quand son oeuvre suscite une telle richesse d’interprétations. Comme un texte, un tableau n’existe qu’au travers de celui qui, en le regardant, le recrée d’une certaine façon.

Exposition : “Les Maîtres du désordre“ Christine Guilloux

RÉFLEXIONS CROISÉES AUTOUR DE LA CURE CHAMANIQUE, DES PERFORMANCES THÉRAPEUTIQUES, DES PSYCHOTHÉRAPIES ET DE LA CRÉATION COMME PROCÉDÉ THÉRAPEUTIQUE

Quand un anthropologue rencontre un psychiatre psychothérapeute, le feu n’est pas d’artifice, les questions fusent. Que se joue-t-il dans le désordre de la maladie ?
Au sein de l’exposition Les Maîtres du désordre se déroulant au musée du quai Branly, à Paris, Bertrand Hell et Edouard Collot ont interrogé ce vendredi 18 mai 2012 l’efficacité symbolique de la cure chamanique et la cure psychothérapique. Approches apparemment différentes, approches parallèles et néanmoins similaires : s’y noue quelque chose d’essentiel autour de l’alliance thérapeutique et de l’expression des affects.
Bertrand Hell, anthropologue, est spécialiste du chamanisme et de la possession, professeur titulaire d’ethnologie à l’Université de Franche-Comté et chercheur au Centre d’etudes interdisciplinaires des Faits religieux de l’EHESS. Il est aussi conseiller scientifique de l’exposition.

 

Congrès et conférences : “Hypnose et douleur à Quiberon“ Catherine Wolf, Edith Hameon-Bezard

« Du bien-être aigu au confort chronique » : l’intitulé provocateur (ou peut-être simplement provocatif) du 4e Congrès « Hypnose et douleur » organisé par Emergences a eu un effet décoiffant, comme le vent vigoureux qui a soufflé
pendant ces trois jours sur la presqu’île.
Une salle comble remplie d’anesthésistes, d’algologues, d’infirmiers et d’infirmières; beaucoup de jeunes praticiens et d’étudiants souvent déjà très impliqués dans l’aide aux patients douloureux. Et aussi des nouveaux venus découvrir l’hypnose et ses applications dans ce champ. Des dizaines n’avaient pu y assister, les inscriptions ayant dû être closes plusieurs semaines avant. Déjà un succès d’audience !

 

Humeur : “33° 32’ 51’’ N, 112° 1’ 15’’ W“ Dr Franck Garden Breche

La voix s’éleva dans la nuit. Etrange, mélodieuse, souffrante. Elle portait les notes d’un chant indien. Un frisson me parcourut. Tout était là depuis l’aube pour cette quête.
Nous marchions, incertains même d’être sur le bon chemin. La pâle lueur des étoiles ne révélait que la silhouette des cactus fantomatiques. Sous nos pas, le relief rocailleux de petites montagnes desséchées nous tendait de vils pièges. Pourtant, quoi qu’il nous en coûte, nous irions jusqu’au bout, car il nous l’avait suggéré. Sans jamais l’avoir rencontré, cet homme « hors du commun » nous avait, par-delà les ans, confié une tâche. Celle de trouver nos réponses, nos solutions, peut-être là-haut, alors que le soleil commençait à peine à illuminer la vallée. Là-haut où ses cendres dispersées inspiraient l’atmosphère de sa créativité.

 

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