Hypnose Thérapies Brèves Revue N° 24 Février-Mars-Avril 2012

revue-hypnose-therapies-breves-24Hypnose & Thérapies Brèves: la Revue
Février – Mars – Avril 2012

Edito :“Temps de crise… nouvelle renaissance ?“ Dr Thierry Servillat.

En ce début d’année, la lecture des journaux nous parle abondamment de peurs et d’inquiétudes. La crise est évidente, notamment économique, qui touche évidemment, comme les précédentes, les plus fragiles quels que soient les registres de cette fragilité (pauvreté, handicap, vulnérabilité psychique quelles qu’en soient les causes).

Crise des repères aussi, particulièrement les géographiques ; les distances se raccourcissent  avec le développement des moyens de communication et de transport. Le temps est lui aussi concerné, qui semble s’accélérer. La mise en place d’Internet joue, bien sûr, un rôle majeur dans ce changement, rôle qui a pu être comparé à celui de l’essor de l’imprimerie après Gutenberg au XVe siècle. Effectivement, Internet nous permet d’accéder de manière saisissante, et en énorme partie gratuite, au patrimoine culturel de l’humanité. Tout en permettant également les échanges mondiaux d’informations, d’opinions, et des collaborations multilocalisées artistiques, économiques, scientifiques.

 

“Musicothérapie soufie et chamanique. A. Azize Güvenç. Cette richesse de l’Orient qui ne cesse de transformer l’hypnose occidentale…

 

Des traditions chamaniques et du soufisme à l’utilisation moderne de la « Thérapie par la musique et le mouvement ancien-orientaux » (TMAO). Le Dr Oruç Güvenç a indiscutablement fait revivre la « Thérapie par la musique et le mouvement ancien-orientaux ». Il donne l’un des enseignements les plus profonds de la culture spirituelle du soufisme islamique contemporaine. Il consacre sa vie depuis plus de quarante ans à la préservation, à l’authenticité et à l’enseignement de la « Thérapie par la musique et le mouvement » de Turquie et d’Asie centrale. Celle-ci trouva son origine à l’époque des chamans, et fut ensuite profondément influencée par le soufisme, avant d’être développée dans le système musical des « makam». De nos jours, cette musique traditionnelle est utilisée lors de traitements médicaux et de psychothérapies modernes. Le Dr Güvenç fut instruit par d’éminents maîtres qui étaient musiciens et poètes, et qui pratiquaient le soufisme islamique. Sa musique est un trésor d’harmonie, de beauté et de créativité inspiratrice, enracinée dans la sagesse profonde du soufisme.

“Clin d’œil à la neurologie. Blépharospasme et effet papillon. A partir de vignettes cliniques, la neurologue Claire Michel nous entraîne dans une approche sensitive et sensible qui aide ses patients à retrouver maîtrise et sérénité.

 

La légèreté de l’hypnose, sa fluidité, sa présence quasi invisible est utilisée dans l’un des domaines historiques de ses premières applications : la neurologie. Claire Michel, à partir de vignettes cliniques portant sur les mouvements anormaux, nous entraîne, avec simplicité, dans une approche sensitive et sensible qui aide ses patients à retrouver maîtrise et sérénité. Préférant « jouer » l’hypnose avec délicatesse.

Introduction

Au cours de l’histoire de leur discipline, d’illustres neurologues se sont penchés sur la question de l’hypnose. Pour un tel spécialiste, il y a à vrai dire dans cette question quelque chose qui nous ramène au versant psychique des maladies. Et depuis toujours, la neurologie a vécu une histoire d’amour et de désaveu entre la médecine somatique et la psychiatrie, naviguant élégamment entre le corps et l’esprit. Objectivement, on observe de plus en plus l’émergence de l’hypnose dans notre médecine actuelle et occidentale. Quelques études ont montré l’augmentation des pratiques de médecines adjuvantes, y compris à l’hôpital (Salomonsen). A l’heure où nos systèmes de santé investissent dans des techniques onéreuses, il faut bien admettre que l’hypnose, elle,  est une technique de communication verbale sans autre impact financier. Par ailleurs, quoique non anodine,  c’est un soin considéré sans grand effet secondaire. Un argument plus positif et dans une optique de santé sociale, l’hypnose permet une activation des ressources propres du patient et se fonde sur un souci d’autonomie de celui-ci.

Qu’est-ce donc que l’hypnose ? Malgré sa racine étymologique grecque, l’hypnose n’est pas un état de sommeil.

 

“Réassociations salutaires. Evolutions de la psychotraumatologie. Par trois descriptions de cas, la psychiatre Gisela Perren-Klingler montre comment l’approche thérapeutique peut s’en trouvée simplifiée si nous savons observer attentivement nos patients.

 

Quand Pierre Janet publia en 1851 son premier livre sur la dissociation, il se référait avant tout à des cas de « femmes hystériques ». Il fut le premier à lier les phénomènes dissociatifs à des vécus d’abus sexuels infantiles, ce que l’on appellerait aujourd’hui « trauma répétitif de type II ». Aujourd’hui, on considère ces vécus infantiles comme étant une cause possible de troubles dissociatifs complexes. On parle de « trauma complexe », ou de désordre de personnalité limite (Van der Haart, Nijenhuis, 2005), ou de troubles développementaux dus aux expériences traumatisantes durant l’enfance (De Bellis, 1999). Freud a commencé par suivre les hypothèses de son maître Janet, jusqu’au moment où le « trauma réel » se trouva converti en « trauma fantasmatique » dû au complexe d’Œdipe. On suppose que cette conversion vers le fantasmatique s’est opérée pour des raisons personnelles inconscientes. Cette individualisation freudienne du trauma a conduit à une représentation intrapsychique du trauma qui a marqué la psychiatrie et la psychothérapie durant presque un siècle. La conception psychosociale du trauma n’a émergé que progressivement à partir des années de dictatures militaires en Amérique latine (1971-1984), qui ont vu l’arrivée d’un grand nombre de réfugiés politiques torturés porteurs d’une étrange symptomatologie. En même temps, les vétérans américains de la guerre du Vietnam témoignaient d’une symptomatologie similaire. Les psychiatres de part et d’autre de l’Atlantique ont commencé à établir des liens entre les symptômes bizarres de ces survivants de la guerre et de la torture et leur récent vécu : c’est l’émergence de la psychotraumatologie moderne. Le diagnostic de « Post Traumatic Stress Disorder » (1980, DSM III), le « désordre de stress post-traumatique », est souvent appelé « névrose traumatique » en France, ce qui renvoie à la dimension personnelle du vécu. Le diagnostic de PTSD a permis des approches théoriques de plus en plus sophistiquées, basées sur la neuro-biologie cognitive ou sur l’entourage et les ressources sociales (« Conservation of Resources, COR », Hobfoll, 2007). Ces différentes approches théoriques et phénoménologiques des symptômes ont aussi permis de sortir de l’impuissance thérapeutique résultant aussi bien des approches psychodynamique, comportementaliste ou existentielle.  Ces approches permettaient certes une bonne interprétation de « l’ininterprétable » (Klein, 1974), sans toutefois en libérer le patient. Les théories neuro-cognitives ont mis en évidence les aspects prioritaires dans l’approche thérapeutique des symptômes, ainsi que l’action des différentes techniques dans les zones du cerveau, tandis que l’approche « sociale et ressources » aide à rétablir un meilleur équilibre des ressources.

C’est donc une définition nouvelle du PTSD qui attribue les symptômes à des événements de violence hors de la norme survenus dans l’entourage de la personne (critère A1, DSM IV R), ainsi qu’à la réaction individuelle manifestée dans le vécu d’impuissance ou de la peur – mieux, la pensée – de mourir (critère A2).

Lire la suite sur http://www.hypnose-ericksonienne.org/Revue-Hypnose-Therapies-Breves-24-Hypnose-dissociation-et-trauma-30-ou-150-ans-de-psychotraumatologie-Gisela-PERREN_a446.html

 

 

“Hypnose et soins palliatifs. Faire sa trace hors piste. Médecin algologue, Guillaume Belouriez explique comment patient et médecin peuvent tracer ensemble un passage inédit menant à l’apaisement.

« Voudriez-vous me dire quelle direction dois-je prendre pour sortir d’ici ?

Cela dépend surtout de l’endroit où vous voulez aller, dit le chat.

Ça m’est égal, dit Alice.

Alors la direction importe peu, dit le chat.

… Pourvu que j’arrive quelque part, dit Alice en matière d’explication.

Oh !, dit le chat, vous pouvez être sûr d’arriver quelque part si seulement vous marchez assez longtemps… »

« Alice au pays des merveilles » Lewis Carroll

 

La fin de vie est un temps déployé nécessitant de mobiliser de nombreuses ressources adaptatives pour faire face à une nouvelle réalité et à l’inéluctable.

Fruits d’une longue histoire de « malade » inscrite dans une temporalité normée qui inclut un système familial souvent complexe, les patients se présentent à nous alourdis d’un vécu parfois traumatique, parfois qui ne fait plus sens, et, quoi qu’il en soit, la plupart du temps difficile.

 

 

Hypno-philo : “Compassions“ Dr Thierry Servillat

 

 

Quiproquo, malentendu et incommunicabilité : “Je ne vous le fais pas dire…“ Dr Stéfano Colombo

Vous l’avez connu Joachim ?

Oh ! Encore un étranger !

Pourquoi, y en a-t-il trop ?

Je ne vous le fais pas dire !

Je vous en prie ! C’était une question. Je vous pose peut-être trop de questions.

Je ne vous le fais pas dire !

Me voici dans l’embarras. Comment vous poser la prochaine question ? Je me demande si je ne devais pas me taire.

Je ne vous le fais pas dire.

Et penser que je viens volontiers boire un café pour échanger des propos, entendre de nouvelles idées, bavarder quelques minutes.

Bavarder pourquoi faire, rien de plus inutile que bavarder. Le mot me fait déjà couler la bave.

Rien que le mot vous agace.

Je ne vous le fais pas dire !

Qu’à cela ne tienne ! Vous avez le choix : causer, pépier, dégoiser, jaser, baragouiner, jacter, jacasser, papoter, jaspiner…

Ah ? Jospin est candidat ? Et il cause ?

Mais non ! C’est un peu tard.

 

 

Coïncidences : “La peinture du XIXème et les curiosités de l’esprit“ Dimitri Stauss

Le XIXe siècle offre à l’individu de nouveaux horizons. Ernst Gombrich – auteur de la célébrissime Histoire de l’art – définit ce siècle comme une « rupture avec la tradition » qui transforme « les conditions de vie et de travail des artistes ». Mais quels sont ces changements ? Comment les artistes les conçoivent-ils, mais surtout comment les restituent-ils dans leurs œuvres ? Nous allons proposer plusieurs réponses à travers deux articles, en nous appuyant sur des exemples précis.

 

Recettes et Merveilles : “Ne pas se faire suer“ Joëlle Mignot

Tout un programme en ce début d’année…

Si l’ennui est un état que certains ignorent, il est pour d’autres un mode de vie ! Quête, recherche, attente, la source de l’ennui oscille entre extérieur et intérieur. S’ennuyer est avant tout être soi-même la source de son propre ennui. Ne pas « se faire suer » ou ne pas s’enquiquiner ou ne pas se casser la tête… et j’en passe qui vous viennent sans doute à l’esprit, c’est avant tout repousser la gêne, l’encombrement, s’extraire du souci pour se préserver…

 

 

Recherche : “L’hypnose ? Un miroir filtrant“ Antoine Bioy

 

 

Références : “Nasr Eddin Hodja, un précurseur de Palo Alto“ Patrick Bellet

Dans le premier article de ce numéro, le soufisme est présenté dans sa dimension musicale et rythmique et traditionnelle. Le soufisme imprègne l’Occident depuis longtemps et ressurgit en filigrane en particulier avec Paul Watzlawick, l’un des  principaux représentants de l’Ecole de Palo Alto, qui s’en est fait le porte-parole, peut-être bien malgré lui, car il n’y fait pas spécifiquement référence.

L’histoire de L’Eléphant dans le noir est une métaphore paradoxalement « éclairante » des jugements partiels et hâtifs que Watzlawick a utilisée pour enseigner qu’il existe simultanément différents points de vue d’une même situation. Le corpus d’histoires d’inspiration soufie est considérable ; il est peut important de savoir qu’elles sont enracinées dans cette tradition. Les histoires contiennent de multiples sens, le plus accessible est celui du divertissement, de la blague. Cela peut suffire, en tout cas cet emballage pittoresque a la vertu de protéger les sens cachés de l’histoire. Grâce à ses qualités humoristiques, l’histoire continue de voyager de bouche à oreille, elle reste vivante comme une graine portée par le vent en attendant de trouver une oreille attentive, un terrain favorable à son développement.

Un grand nombre d’histoires sont attribuées à Nasr Eddin Hodja, personnage légendaire dont la vie particulièrement longue lui permit d’endosser de nombreuses fonctions : pauvre, sage, fou, religieux, juge… et sont de ce type. Ses aventures, quel que soit le rôle qu’il y joue, mettent en évidence la fausseté relative des jugements binaires, les simplifications réductrices, le paradoxe, la circularité des actions, entre autres. Autant de sujets qui seront des thèmes de travail pour Gregory Bateson.

 

 

Humeur : “Musique, douleur et émotions corporelles“ Gérard Mick

 

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