Hypnose & Thérapies Brèves N°18 – 2010

revue-hypnose-therapies-breves-18-2010Hypnose & Thérapies Brèves: la Revue

N°18 : Août/Septembre/Octobre 2010

 

Le rire de délivrance.

Théâtre et psychiatrie à Bamako » Au Mali, un service de psychiatrie pratique le “ kotéba“ thérapeutique… une “ position basse“ en systémie à l’africaine ! Maximilien Zimmermann et Adama Bagayoko…
Chaque vendredi matin, à 8 heures tapantes, les tambours résonnent au service psychiatrique de l’hôpital universitaire du Point G. Adama Bagayoko, comédien formé à l’Institut national des arts du Mali, anime la séance avec ses compères musiciens et comédiens entourés des soignants de l’hôpital. Jusque dans les années 1970, l’hôpital du Point G symbolise l’asile, l’enfermement, la rupture avec la société. Baba Koumaré, chef du service de psychiatrie, est inquiet. Avec Jean-Pierre Coudray, psychiatre coopérant français, Philippe Dauchez et Adama Bagayoko, respectivement professeur et animateur des Arts du Mali, ils initient dans les années 1980 des représentations pour distraire dans un premier temps les patients du service. C’est le succès, les patients sortent peu à peu de leur torpeur et réclament du théâtre chaque jour ! Ainsi naît le
kotéba thérapeutique.

 

« Un certain regard. Fondu enchaîné d’un trouble obsessionnel ».

trouble obsessionnelRêver pour guérir : l’idée est ancienne, mais la pratique est toujours bien vivante ! Philippe Rayet. Traitement d’un cas de trouble obsessionnel par l’utilisation d’images spontanées.

La thérapie que je vais vous présenter peut sans doute s’inscrire dans la lignée des méthodes d’onirothérapie (c’est-à-dire qui utilisent le rêve), où le sujet se laisse conduire à la fois par des images oniriques qui lui sont propres et par des indications émanant du thérapeute. C’est le flot d’images mentales organisé spontanément par l’inconscient en un scénario imprévu plus ou moins fantastique qui en constitue la trame.

http://www.hypnose-ericksonienne.org/Traitement-d-un-cas-de-trouble-obsessionnel-par-l-utilisation-d-images-spontanees_a301.html

 

 

« Clavier hypnotique. Toucher et piano thérapeutique » Comment le piano fait partie de la “gamme“ thérapeutique. Stéphane Ottin Pecchio.

1. « TOUCHER & PIANO » et HYPNOSE
Andante
Ayant étudié le piano pendant de longues années, j’ai eu l’idée d’associer le jeu au piano et la massopuncture lors de mes séances de thérapie manuelle. Chacune de ces deux pratiques pouvant dans certaines conditions induire des processus de conscience, j’ai émis l’hypothèse que leur utilisation simultanée multisensorielle pouvait faciliter différentes situations rencontrées en hypnose éricksonienne. Voici comment se déroule une séance. Lors de la phase d’induction, tout en parlant au patient, je touche certains points de son corps et joue de l’autre main les premières notes au piano. Cela crée une certaine surprise, un changement d’ambiance.
C’est une phase d’harmonisation rythmique et respiratoire avec le patient. Lorsqu’il aura fermé les yeux, il y aura confusion : parfois le patient ne comprend pas comment je peux à la fois le toucher et jouer des notes éloignées sur le clavier. De plus, il est difficile de suivre les trois langages à la fois (verbal, tactile et musical), et bientôt quatre, lorsque deux voix se feront entendre au clavier (accompagnement et mélodie).

 

« Variétés de transe. Le geste qui soutient » Les formes de transe hypnotiques sont diverses… Certaines “transactions“ méritent notre attention. Patrick Gence.

 

janet« Janet revisité. Le corps psychothérapeute » La psychothérapie sensorimotrice, thérapie centrée sur le corps. Pat Ogden.

Les patients traumatisés se plaignent souvent de symptômes physiques qui les laissent dans le sentiment d’impuissance et de perte de contrôle. Déclenchées par des réminiscences du trauma passé, une insoutenable cascade d’émotions dysrégulées, de sensations physiques, de croyances négatives et d’images intrusives se répètent sans cesse sur le théâtre du corps. Pierre Janet (1919 et 1925) proposait il y a bien longtemps que les souvenirs traumatiques sont séparés de la conscience et stockés en tant que perceptions sensorielles et répétitions comportementales. Le sujet « se souvient » de ce qu’il s’est passé en revivant ces itérations non verbales de l’événement traumatique d’origine, ou à travers des symptômes physiques mystérieux qui semblent n’avoir pas de base organique.

http://www.hypnose-ericksonienne.org/Janet-revisite-Le-corps-psychotherapeute_a302.html

 

 

Hypno-philo : “Le courage est un commencement“ par Thierry Servillat.

Il y a quelques semaines, circulant sur une route de Suisse par une belle journée de printemps, j’allume la radio et me mets à vivre un grand moment de bonheur. Alexandre Jollien et Cynthia Fleury parlent avec Madeleine Caboche sur Radio Suisse Romande. Sur un beau sujet : le courage !

Si j’ai lu un peu – et avec admiration – le premier, je ne connais pas Cynthia Fleury. Ce qu’elle dit est brillant, mais surtout m’interpelle. Enseignante à Sciences Po, elle s’intéresse à la démocratie depuis plusieurs années. Et elle utilise un angle étonnant. Elle évoque, dans un livre récemment paru, un épisode dépressif de sa jeunesse lors duquel elle est tentée par le suicide. Ressentant que « rien ne tient » dans sa vie, et qu’autour d’elle la société ne lui propose rien qui représente un chemin possible, elle se pose la question : comment apprendre le courage ? Comment reprendre courage ?

 

Quiproquo, malentendu et incommunicabilité : “Je ne suis pas contre“ par Stefano Colombo.

La visite au cimetière le laissa perplexe. Pourtant, le matin même, le temps s’annonçait propice à musarder : un petit café, le parfum d’un croissant, la lecture du journal, enfin une balade.
Les arbres défilaient au rythme de ses pas s’arrêtant quand il s’arrêtait, accélérant quand il accélérait. On aurait dit que les arbres regardaient dans la même direction que lui, avec la même curiosité qui, ce jour-là, flânait au ralenti comme si les images prenaient un certain temps à laisser leur trace dans sa mémoire.

 

Références : Qu’est-ce que l’hypnotisme ? J-P Durand (de Gros).

hypnotismeQu’est-ce que l’Hypnotisme ? C’est l’art de produire sur l’être humain certaines modifications spéciales par certains moyens déterminés dits hypnotiques.

Reste à faire connaître d’une manière distincte et précise, ces modifications et ces moyens. Mais pour cela il est nécessaire d’assigner un nom à tous ces objets de définition, ce qui constituera la termino­logie de l’Hypnotisme.

Ces objets à nommer, afin de les distinguer, de les définir, de les classer, se partagent donc en deux grandes classes: 1° Les divers agents et procédés de l’art hypnotique ; 2° les divers phénomènes biologiques qu’on détermine à l’aide de ces agents et de ces procédés.

De là une première division, et elle est fondamentale, dans la ter­minologie de l’hypnotisme. C’est surtout pour avoir méconnu cette distinction primordiale que les écrivains hypnologistes ont rencontré de telles difficultés à se rendre intelligibles et à voir clair eux-mêmes dans le sujet traité. Il est vraiment pénible de rencontrer sous des plumes médicales, sans parler des simples journalistes et littéra­teurs à qui tout est permis dans ce genre, des énumérations on ne peut plus incohérentes et vicieuses, où la partie est comptée avec le tout, l’espèce avec le genre, l’effet avec la cause, etc., comme, par exemple, lasuivante : Hypnotisme, hypnose, suggestion, magnétisme, somnambulisme, télépathie, seconde vue, extériorisation de la sensibilité et de la motricité, etc.

http://www.hypnose-ericksonienne.org/Qu-est-ce-que-l-hypnotisme_a303.html

 

 

Théâtre : “Wittgenstein incorporated“ François René Chardon.

Lors d’une conversation très animée à propos des mérites comparés de deux penseurs viennois que tout oppose, Wittgenstein et Freud, une amie fort érudite me signala, non sans perfidie, une remarque assassine émise par Sartre à l’encontre du premier susdit. Dans Les Mots, l’intellectuel germanopratin confesse une appétence, qu’il fait remonter à sa prime enfance, pour la littérature populaire, et sans doute pour donner un peu de panache à cet aveu bien banal, il déclare depuis lire plus volontiers les « Séries noires » que Wittgenstein.

 

Congrès : “La marche du siècle“ Claude Virot.

 

Recettes et merveilles : “Déclaration“ Joëlle Mignot.

La cuisine, dit-on, c’est d’abord de l’amour. Des mots, toujours des mots… Et pourtant il en est qui sont capables de vivre et faire vivre ce qui peut apparaître comme une banalité. C’est le cas du Dr Jean-Philippe Derenne, médecin pneumologue, chef de service à la Pitié-Salpêtrière, qui pendant des mois a assisté sa femme mourante en lui concoctant chaque soir un plat nouveau. Un ultime geste d’amour où la pulsion de vie s’est concrétisée par un livre, terminant ainsi une trilogie écrite à quatre mains.
« Ce n’est pas dans les grandes déclarations que se jour la relation entre les êtres. C’est bien plutôt dans la multitude des petites attentions, des petits gestes… »

 

Humeur : “Un réseau de vie“ Armelle Touyarot.

Humeurs autour d’une naissance : le nouveau réseau « Hypnose et maternité »

Un billet d’humeur… qui parlera d’humeurs. Dans un premier temps, de l’humeur exécrable qui m’envahit depuis quelques jours, au fur et à mesure qu’approche la date limite de rendre ma copie. Pourquoi j’ai dit « oui »… J’ai accepté parce que Thierry Servillat m’a demandé d’y parler de la naissance du réseau « Hypnose et maternité » dont je suis heureuse de vous faire part ; c’est le faire-part que j’ai du mal à rédiger…

Ce réseau est le fruit de l’humeur enthousiaste qui règne dans nos différents congrès, dans ces contacts avec nos pairs. On y découvre, on y échange tant de choses… les idées jaillissent, elles suscitent des projets, qui commencent à prendre forme, souvent autour d’un verre. Ce fut le cas en 2008, au Congrès international d’hypnose et douleur aiguë à Quiberon, et encore au Forum de la CFHTB à Nantes en 2009. A la suite d’ateliers/conférences où j’ai présenté la façon dont j’intègre depuis une quinzaine d’années l’hypnose et l’orientation vers la solution dans ma pratique de sage-femme, plusieurs intervenants dans le champ de la maternité sont venus vers moi, me faire part notamment de leur sentiment d’être isolés dans leur activité professionnelle en tant que praticiens de l’hypnose, ou de ne pas savoir vers qui se tourner pour s’informer. L’importance des congressistes a tendance à nous faire penser que l’on est nombreux à pratiquer… ce qui n’est pas le cas. On revient de ces manifestations plein d’énergie, et de choses à faire…
Mais quand on retourne à notre activité quotidienne, les échanges sont plus rares ; les projets perdent en intensité parce qu’ils sont plus faciles à nourrir quand on est plusieurs à faire du « brainstorming ». Alors, l’humeur tend au découragement…

 

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Psychiatre, President de l’Institut Milton H Erickson de Reze. Redacteur en chef de la Revue HYPNOSE & Therapies Breves. Ancien President de la Confederation Francophone d’Hypnose et de Therapies Breves (CFHTB). Conferencier International, Superviseur. Co-auteur de Psychotherapies : une approche plurielle (Masson)

Reze (Loire Atlantique)

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