Hypnose & Thérapies Brèves N°16 Février-Mars-Avril 2010

revue-hypnose-therapies-breves-16-2010Hypnose & Thérapies Brèves: la Revue

N°16 : Février/Mars/Avril 2010

 

Editorial du Dr Patrick BELLET

ENTRE SOI !

C’est souvent un réflexe ou une habitude. « Asinus asinum fricat » disaient les anciens qui avaient remarqué que ceux qui se ressemblent s’assemblent bien souvent. Peut-être aussi une sorte de communication non verbale d’accordage. Quelque chose de rassurant… Quelque chose de fermé aussi. Si certains pouvoirs prônent la division pour régner, segmentation des tâches, tentation et tentative de gestion administrative exclusive du projet thérapeutique, réduction de l’acte médical à une technique sèche et inhumaine ; il serait paradoxal de parvenir au même résultat par une espèce de repli corporatiste. Certes, la spécialisation a beaucoup d’intérêt, mais elle comporte le risque de l’isolement. L’hypnose, entre autres vertus, possède celle d’être un art de la transition ainsi que celui de catalyser des situations figées.

 

hypnose: Dossier; suggestions en urgence.

“Choisir une suggestion. La technique des vingt premières lignes“. Jacques Puichaud et Jacques Auger proposent une méthode pour faire preuve de génie dans le choix des suggestions !

LA NAISSANCE EN DOUCEUR

L’hypnose permet à l’anesthésiste de faire fonctionner à la fois son cerveau gauche et son cerveau droit. Le voilà dissocié, afin de mieux dissocier les patientes. « Je vous invite à prendre une grande respiration et à respirer, à partir de maintenant, de manière… imaginative… à observer votre respiration… à observer comment chaque inspiration suit une expiration… à observer comment chaque inspiration suit une expiration… à observer comment chaque inspiration suit une expiration… (de plus en plus lentement en baissant le ton de la voix)… à observer comment chaque respiration vous apporte du confort, à observer comment chaque respiration vous apporte du relâchement… à observer comment chaque respiration vous apporte toutes les choses nécessaires à votre… confort, à votre sécurité, à votre protection… au relâchement de votre épaule gauche, au relâchement de votre épaule droite… comme chaque respiration vous apporte un nouveau confort…

 

CHOISIR UNE SUGGESTION

Nous inaugurons dans ces pages une formule « Dossier ». Thème traité dans ce n° 16 : « les suggestions en urgence ».
Avec l’aimable autorisation des Editions de l’Arbousier et des Editions Satas pour le livre « Métaphores et suggestions hypnotiques ». Dr Corydon Hammond. Jacques PUICHAUD, Jacques AUGER

 

LA TECHNIQUE DES « VINGT PREMIÈRES LIGNES »

A l’heure de l’Europe, il paraît intéressant de faire une comparaison entre l’évolution de l’hypnose et des suggestions chez des auteurs classiques européens et M. H. Erickson. Braid a dissipé le voile mystérieux enveloppant le magnétisme animal initié par Mesmer qui a eu le mérite d’échafauder un semblant de doctrine pour échapper à l’obscurantisme de la seule puissance d’une intervention divine ou du hasard de la destinée humaine. Il a employé le terme d’« hypnotisme » inventé par Hénin de Cuvilliers, et a insisté sur la puissance de la suggestion. Mais il n’en a pas compris le véritable rôle, qu’il attribuait au sommeil provoqué en même temps qu’aux manipulations particulières qu’il utilisait pour l’obtenir. Il définissait l’hypnotisme comme « un état particulier du système nerveux déterminé par des manoeuvres artificielles ».

Quelques suggestions de grands praticiens : “Suggestions pour le contrôle du saignement“ par Milton H. Erickson“.

“Suggestions pour le contrôle d’une hémorragie digestive haute“ par Emil G. Bishay, Grant Stevens, Chingmuh Lee.

“Suggestions directes d’urgence chez les patients dans un état critique“ par Ernest L. Rossi et David B. Cheek.

 

“La naissance en douceur, hypnose en anesthésie obstétricale“ par Jean-Michel Hérin.

L’hypnose permet à l’anesthésiste de faire fonctionner à la fois son cerveau gauche et son cerveau droit. Le voilà dissocié, afin de mieux dissocier les patientes « Je vous invite à prendre une grande respiration et à respirer, à partir de maintenant, de manière… imaginative… à observer votre respiration… à observer comment chaque inspiration suit une expiration… à observer comment chaque inspiration suit une expiration… à observer comment chaque inspiration suit une expiration… (de plus en plus lentement en baissant le ton de la voix)… à observer comment chaque respiration vous apporte du confort, à observer comment chaque respiration vous apporte du relâchement… à observer comment chaque respiration vous apporte toutes les choses nécessaires à votre… confort, à votre sécurité, à votre protection… au relâchement de votre épaule gauche, au relâchement de votre épaule droite… comme chaque respiration vous apporte un nouveau confort…

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“Un infirmier en psychiatrie et l’hypnose“ par Antoine Collin.

 

S’IL VOUS PLAÎT… DESSINE-MOI UN MOUTON ! Antoine COLLIN OU UN INFIRMIER EN PSYCHIATRIE ET L’HYPNOSE
Loin d’être une théorie autour de laquelle je risque de me replier, l’approche éricksonienne est une école, un atelier créatif où je peux encore et encore apprendre, affiner, répéter, pour ensuite créer et recréer avec le patient.

UN CONTE D’ANTOINE
Le premier soir, je me suis donc endormi sur le sable à mille miles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait : « S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! »
« Hein ! »
« Dessine-moi un mouton… »
J’ai sauté sur mes pieds comme si j’avais été frappé par la foudre. J’ai bien frotté mes yeux.

http://www.hypnose-ericksonienne.org/L-Infirmier-en-Psychiatrie-et-l-Hypnose_a205.html

 

 

“Miracle ou thérapie ? Utilisation des croyances religieuses en thérapies brèves“ par Pierre Jeanne-Julien.

MIRACLE OU THÉRAPIE ? Pierre JEANNE-JULIEN. UTILISATION DES CROYANCES RELIGIEUSES EN THÉRAPIE BRÈVE
Est-il possible, voire souhaitable, d’évoquer des croyances religieuses au cours d’une thérapie ? Cette question m’est venue par les réflexions de patients disant l’importance de la dimension religieuse pour eux, souvent pour préciser le contexte de leur problème. Parfois ils évoquaient la spiritualité comme une ressource les aidant à vivre les difficultés rencontrées.

“Comme un avion sans ailes. La métaphore comme parachute“ par Céline Lamy.

COMME UN AVION SANS AILES. Céline LAMY. LA MÉTAPHORE COMME PARACHUTE
Nous sommes heureux de publier cet article de Céline Lamy qui a eu l’audace d’une approche métaphorique inspirée par la lecture d’« Osez l’hypnose » de Martine Quintard paru dans les précédents N°. Un courrier des lecteurs pédagothérapeutique en somme ! P.Bellet

Dans Le Parfum de Suskind, Jean Baptiste Grenouille naît au cimetière des Innocents, accouché et abandonné par sa mère dans un tas d’immondices et de puanteur (comme elle l’a fait quatre fois auparavant). Cette fois–ci, le petit être s’accroche à la vie et la choisit délibérément, par un cri qui alerte les passants qui lui sauvent la vie. Dès lors, il vit comme une tique, parasite qui s’accroche à son hôte et y puise sa survie.
Pour lui, dépourvu d’odeur humaine, mais pourvu d’un odorat remarquable, ce sera l’odeur, le parfum de l’humain, de la vie, auxquels il va s’accrocher jusqu’à en devenir meurtrier, pour absorber dans l’autre, son essence même.
Cette histoire, fascinante et terrible à la fois, m’a évoqué, dans cette naissance « traumatique » et ce malentendu de vie initial, l’histoire de François, 5 ans, qui m’a été adressé à mon arrivée dans le service par son médecin traitant pour « suspicion d’hyperactivité ».

 

Hypno-philo : “La joie ou la triste fin du tragique“ par Thierry Servillat.

Entre mensonge et désespoir il existe une troisième voie, si vous avez fait l’exercice…

Si vous avez fait l’exercice proposé à la fin de la rubrique hypno-philo du précédent numéro, vous avez commencé à aborder la thématique d’aujourd’hui. Pour entrer dans celle-ci, nous mettrons en parallèle deux philosophes contemporains très différents et à bien des égards opposés : Clément Rosset, dont l’oeuvre vient de faire l’objet d’une excellente introduction, et Bertrand Vergely, dont un ouvrage important vient d’être réédité.
Le premier écrit comme un musicien compose : en écrivant des pensées tels des airs qu’il relie ensuite. En 1960, il commence son oeuvre de manière tonitruante, en s’attaquant à la pensée tragique. Ce premier ouvrage semble avoir été écrit dans une véritable transe. Pour Rosset, le tragique est la révélation soudaine d’un enchaînement qui vient de produire son effet. Cette révélation tient en quelques mots :
l’homme est capable de bassesse. Elle vient faire le vide dans nos croyances et nos illusions : le réel est tragique.

 

Les grands praticiens : “Michaël White“ par Julien Betbèze.

Michaël White nous a quittés en 2008 à l’âge de 59 ans, en Californie, suite à un accident cardiaque alors qu’il venait d’assurer une formation aux pratiques narratives.
Michaël était encore en pleine activité créatrice et envisageait, pour les années à venir, d’approfondir d’un point de vue philosophique le sens de son travail. Il est né en 1948 à Adélaïde en Australie du Sud, ville où il fonde en 1983 le « Dulwich Centre », centre de thérapie et de recherche qu’il dirige jusqu’en 2007 avant de fonder un nouveau centre, le « Narrative Practices Adelaide ».
Il est issu d’un milieu modeste où l’achat d’un vélo représentait déjà une dépense conséquente.
Il est toujours resté fidèle aux gens simples et aux déshérités. Ainsi, une grande partie de son travail a consisté à aider les communautés aborigènes qu’il allait rencontrer en pilotant son avion. Se montrer disponible à l’écoute de l’autre dans sa différence a toujours été pour lui une ligne de conduite à laquelle il a su rester attaché.

 

Quiproquo, malentendu et incommunicabilité : “Oui, mais…“ par Stefano Colombo.

L’envie de descendre le démange,le fait frémir. Il hésite à se jeter dans le vide sans trop savoir où il va arriver. Il est prêt, mais la température change juste de un à deux degrés. Son rêve est brisé.

 

 

Références : “Le rêve éveillé dirigé“ par Robert Desoille.

Robert Desoille est le promoteur d’une technique thérapeutique « Le Rêve Eveillé Dirigé » qui trouve son origine dans les travaux de Coué popularisés par Baudouin et de façon plus contemporaine dans ceux d’Erickson ! Desoille, dans les années 60, est l’un des rares thérapeutes francophones à connaître le travail du rénovateur de l’hypnose et probablement le seul à s’en inspirer. Desoille est un auteur méconnu qui se situe à « mi chemin » entre auto-suggestion, psychanalyse et hypnose dans une tentative oecuménique de rapprochement de ces diverses voies. Quelques pages issues de son ouvrage princeps… Patrick BELLET

http://www.hypnose-ericksonienne.org/Le-reve-eveille-dirige-entre-COUE-et-ERICKSON_a207.html

 

 

Exposition : “à propos de « Images saintes, maître Denis, Roublev et les autres » par François René Chardon.

Une fois n’est pas coutume, en guise d’introduction ludique à cette rubrique un peu fastidieuse, commençons donc par deux devinettes assez faciles. Voici la première : si trop souvent j’encombre le bureau des ordinateurs, c’est parce que de dangereux addicts, armés de rongeurs malfaisants, compulsivement « me cliquent ». Aussi pour changer d’air parfois je (me) défile et me déhanche outrageusement sur des podiums cousus de fils blancs… Qui suis-je ?

 

Recettes et merveilles : “Eloge de la boulette !“ par Joëlle Mignot.

Si je ne me trompe, l’erreur est humaine. Et pourtant, quelle difficulté souvent à l’accepter ! Qu’elle nous incombe ou qu’elle soit le fait de l’autre, elle nous renvoie toujours à la faute. C’est en cela qu’elle est révélatrice de notre rapport au monde. Il y a ceux pour lesquels il est plus facile de souligner l’erreur de l’autre que la leur propre, ceux qui n’acceptent pas de la reconnaître en eux-mêmes préférant la projeter sur le voisin, ceux qui s’accrochent comme à un os aux détails négatifs, qui en jouissent parfois, pointant le doigt du jugement, aveuglés qu’ils sont par leur propre faille, incapable d’accepter leurs imperfections, plus exigeants avec les autres qu’avec eux-mêmes. Terribles…

 

Congrès et conférences : “Consciences du Corps“ par Christine Guilloux.

Grande première que d’organiser conjointement, à Paris, le 11ème Congrès de l’Association Européenne de Psychothérapie Corporelle (E.A.B.P.) et le 8ème Congrès du Comité Scientifique International de Psychothérapie Corporelle (C.S.I.) les 8 au 11 novembre 2008. Belle ambition, pour ces deux associations de référence des Thérapies Psycho-corporelles, que de confronter les visions de l’homme dans sa complexité, de relier et de rallier différentes approches qui font la part belle au corps autant qu’à l’esprit.

Humeur : Bricolage ? par Antoine Bioy.

Dialogue (presque) imaginaire avec mon filleul, 14 ans, après qu’il ait reçu une « pub spam » qui proposait d’augmenter les seins grâce à l’hypnose (véridique). Il se demandait alors quel était ce phénomène mystérieux et miracle qui permettait de guérir de presque tout et de modifier son apparence physique.
« C’est quoi en fait l’hypnose ? »
« En voilà une bonne question ! Sais-tu que personne n’a jamais bien défini l’hypnose, en tout cas de façon consensuelle ? Un grand monsieur comme Roustang la définit comme une forme particulière de relation en même temps qu’un état singulier. Une expérience où l’on se retrouve en tant qu’être vivant, lorsque l’on a enlevé l’intellect et l’affectif. Son chemin est si simple qu’il devient parfois compliqué à prendre. » « Mais c’est pas grave que l’on ne sache pas ce qu’est l’hypnose ? »

 

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